Journée Portes Ouvertes le 09 Mars
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Il est des lieux où la grandeur se lit autant dans la pierre que dans les récits qu’elle abrite. Le Château de Ferrières, néo-Renaissance dressé au cœur de la Brie, appartient à cette famille-là : une demeure pensée pour éblouir, accueillant depuis 2015 l’École Ferrières qui prolonge son histoire par l’excellence de l’hospitalité et des arts de vivre.

Tout commence avec le baron James de Rothschild. Séduit par l’audace de l’architecte Joseph Paxton — déjà auteur du Crystal Palace — il lui confie, en 1855, la réalisation d’un château “à l’italienne”, vaste, symétrique, ponctué de tours carrées et d’un escalier d’honneur spectaculaire. Quatre ans plus tard, l’ouvrage est achevé ; Napoléon III l’inaugure le 16 décembre 1862 : Ferrières entre dans la légende. On y découvre un grand hall baigné de lumière, une bibliothèque de plusieurs milliers d’ouvrages, des suites équipées d’eau chaude et froide… et même une cuisine dissociée de la maison, reliée par un souterrain sur rails pour faire glisser les plats encore fumants jusque dans les salons. La modernité au service du faste.

Autour, 135 hectares de parc “à l’anglaise” étirent leurs perspectives. Ferrières n’est pas qu’une résidence : c’est un théâtre de réceptions inouïes. On y croise têtes couronnées et artistes, on y admire sculptures et décors commandés aux meilleurs talents du temps. “Aucun roi ne pourrait se le permettre”, aurait soufflé l’empereur Guillaume Ier, médusé par l’opulence du lieu.

Mais l’Histoire s’invite parfois sans frapper. En septembre 1870, pendant le siège de Paris, Otto von Bismarck reçoit en son château son homologue français Jules Favre : l’“entrevue de Ferrières” a scellé une douloureuse page de la guerre franco-prussienne. Plus tard, pendant la Seconde Guerre mondiale, le château est occupé et ses riches collections dispersées. Mais les murs, eux, n’oublient rien.

Après la Libération, Ferrières se tait un temps. Puis, en 1959, Guy et Marie-Hélène de Rothschild redonnent vie au domaine. Les salons retrouvent le murmure des conversations, les bals thématiques font accourir créateurs et personnalités — Yves Saint Laurent, Audrey Hepburn, Grace Kelly. L’éclat d’hier dialogue avec la modernité des années 60-70, jusqu’au don du château, en 1975, à la Chancellerie des universités de Paris pour des missions culturelles et scientifiques.

© Julien Fraisse
Au début des années 2000, le destin du domaine se réécrit. En 2012, Ferrières revient entre les mains de la commune ; le cap est donné : faire de ce monument un lieu de vie, ouvert sur le monde, à l’image de l’excellence à la française. C’est dans cet esprit qu’est confiée, en 2013, la création d’une grande école dédiée à l’hôtellerie, la gastronomie et le luxe. En octobre 2015, l’École Ferrières ouvre ses portes en plein cœur du château : les grandes galeries se transforment en salles de cours, les cuisines pédagogiques perpétuent l’esprit d’inventivité, et le restaurant d’application “Le Chai” ouvrent leurs portes à leurs premiers clients. L’histoire du lieu devient alors expérience, partage, passion, et métiers.
Ferrières n’a donc pas changé d’âme : il a changé de mission. De demeure visionnaire d’un banquier mécène à maison d’école tournée vers les métiers de l’hospitalité, il porte intacte la promesse de son origine : accueillir, émerveiller, transmettre. Et chaque diplôme remis sous ses plafonds à caissons prolonge la phrase ouverte par James de Rothschild et Paxton : ici, l’histoire se conjugue au présent.